Inde, Tantrisme, Spiritualité...

Et joie de vivre....

Où comment trouver l'harmonie par la quête personnelle.

Vendredi 13 juin 2008

Préambule

( Christopher, dit Alex supertramp, auto portrait devant le bus où il vécut)

Parce que, sans doute, j’ai une mère atteinte d’Alzheimer depuis de nombreuses années ( elle est à présent totalement paralysée, n’ouvre plus les yeux, ne parle plus, ne regarde plus, ) maladie qui l’a frappée jeune ( 55 ans) et qu’elle en a maintenant 70 et vivra peut être encore longtemps dans cette état de petite mort, je me pose évidemment beaucoup de question sur le sens de la vie… ce n’est pas une obsession mais un questionnement de chaque instant ; si j’ai entrepris une formation longue de yoga, que je n’arrêterais probablement qu’à mon dernier souffle, c’est pour lever un bout de ce voile, aussi petit soit-il

 


Le cinéma comme point de départ d'une réflexion sur soi et la vie

C’est pour cela qu’actuellement, je suis assez avide de films qui vont dans ce sens,  qui posent la question de l’identité, du  «  qui suis-je », du sens que l’on veut donner à la vie, et aussi du «  fatum », façon dont  les Gréco-romains appelaient le destin…

Le destin, c’est notre karma ; ce sont tous les fils que l’ont a tissés plus ou moins inconsciemment et qui nous maintiennent pieds et poings liés : il y a l’hérédité, bien sûr, - c'est-à-dire notre héritage génétique qui déjà nous conditionne,  notre enfance, l’éducation que l’on reçoit,  la civilisation à laquelle on appartient et qui nous oriente dans tel ou tel sens.

Il nous reste la conscience… mais cela demande des efforts considérables de ne pas passer une journée «  en pilotage automatique » dans du réactif pur… et d’utiliser la conscience pour éclairer la nuit perpétuelle dans laquelle on se meut jusqu’à notre mort.

 

A la lueur de ce préambule, je voudrais parler de plusieurs films qui m’accompagnent depuis quelques temps

Non pour les analyser, mais pour les relier à la quête de l’individu sur cette Terre.

 

Il y a d’abord Psychose, que je n’ai vu que récemment. Ce film est intemporel. Une femme vole son patron pour reconstruire sa vie dans un autre état, car son amant ne lui apportera jamais la vie dont elle rêve… elle atterrit dans un motel où elle meurt assassinée. Ce thème tout simple, traité avec génie par Hitchcock, pose vraiment la question du destin… fuir quelque chose pour trouver…  la mort… là le fatum s’expose d’une manière implacable, l’héroïne ne peut rien y faire, elle ne fait que suivre son destin, alors qu’elle croit en être maîtresse en partant… loi du karma… dans sa plus simple expression…


L'utopie de la nature rédemptrice?

 

Car il est bien question aussi de «  fuite » dans les deux autres films :  Into the wild, de Sean Penn et Grizzly man, le documentaire de Herzog sur Timothy Treadwell.

Pour que l’article ne soit pas trop long et indigeste, je procèderai par petites touches….


 

Ce qui me touché, dans ces deux films  qui « se terminent tragiquement » ( dixit la Presse)  ce n’est pas la fin : on meurt tous!

C’est le parcours des deux hommes. Le parcours seul   compte  réellement… c’est lui qui donne un sens à notre vie, et pas la façon dont elle se termine… car nous n’avons pas le choix de décider de notre fin….

 

Les deux garçons  désirent au plus profond d’eux-mêmes renouer avec la nature… Timothy en vivant 13 étés au milieu des grizzlis, au Canada qu’ils pensent protéger ( alors qu’ils le sont par le parc naturel où ils vivent et les gardes de ce parc)   et  Christopher en se débarrassant de tout ce que la société lui a donné pour répondre d’une manière radicale à la question du «  qui suis-je ? »

Les deux coupent les ponts avec leur famille, et changent d’identité…

Les deux sont de grands idéalistes qui pensent que la nature est bonne et oublient qu’elle peut être dangereuse

Les deux sont naïfs et passionnés ; il sont aussi de grands sportifs accomplis.

Les deux ont des blessures d’enfance inguérissables : l’un dort avec un gros nounours en peluche sous sa tente, et l’autre ne s’est pas remis la trahison de son père…

 

Ils partent donc, tous deux en Alaska… terre sauvage, où vivent les Grizzli, les loups, les renards…. Terre d’une stupéfiante beauté
Timothy est tout à fait conscient du danger que représentent les ours, mais 13 étés durant, il vit au milieu d’eux, les observe, les filme, leur parle et se met lui-même en scène face à la caméra. C’est à partir des 100 heures de film que Herzog bâtit son documentaire qui essaie de nous faire comprendre qui est cet homme meurtri et passionné, aimant la nature d’une façon aussi naive que   lorsque l’on est enfant.  

Christopher   sait en partant en Alaska qu’il va vivre des jours difficiles, mais il a besoin de cette retraite loin de la civilisation


 

Ils sont morts, l’un de faim, seul, l’autre tué  ainsi que sa compagne par un grizzli. Les deux ont rencontré leur destin… l’ont-ils provoqué ?

Portaient ils en eux une part d’auto-destruction ?

Peu importe ; ce qui me touche par-dessus tout, c’est la volonté qu’ils ont mis à aller au bout de leur expérience. C’est la passion qui les a habité. C’est l’intensité des émotions vécues, c’est cette expérience de totale solitude… c’est cette communion, ou cette tentative de communion avec la nature, comme celles que recherchaient les Indiens d’Amérique.

 


Comment naître à soi même, aujourd'hui, sans rite d'initiation?


Mais les Indiens vivaient en tribu,   ils avaient des rites initiatiques dangereux, mais auxquels les jeunes Indiens étaient préparés. Là, les deux traversent des «  rites d’initiation » ( vivre seul, se débrouiller seul, où se mettre en harmonie avec les grizzlis et les approcher ) mais sans aucun accompagnement, aucune préparation véritable : sans guide…

 

  

J’ai lu beaucoup de jugements sur les choix des deux garçons, de condamnations… on ne condamne pas une personne qui a une alzeihmer, et pourtant, le destin s’exprime là d’une façon tout aussi douloureuse. «  Oui, mais les gens malades ne provoquent pas leur maladie »

Peut être… en tous cas pas consciemment, pas plus que Christopher ou Timothy n’ont choisi leur fin consciemment…

 

Mais ils vont au bout d’une expérience d’absolu… ils ont une passion qui les porte au-delà de la condition humaine normal… inconsciemment, ils se comportent en héros, mais sont rattrapés par ce que Jung appelait l’Hybris, la démesure qui frapppe certains de ces héros…

 


( à suivre!) 

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